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Profession Outdoor - Journaliste

Histoire d’agrémenter notre blog et notre newsletter, nous avons choisi de lancer une petite série d’articles où une grimpeuse prend la plume pour nous raconter sa profession outdoor. Aujourd’hui, je me jette à l’eau pour l’inauguration de cette rubrique. “Je”, c’est Coralie, 23 ans, journaliste pour le média Outside.fr. De nombreuses lectrices me connaissent surement déjà mais pour les nouvelles, j’organise aux côtés de Caroline l’événement Grimpeuses.


Vendredi 13 mai. En kayak, quelque part sur le Tarn, je sors d’un rapide. C’est bon, nous n’avons pas chaviré. Je mets fin à mon intense concentration, me détend et regarde les alentours. Nous sommes seuls sur la rivière. Au-dessus de nous, d’imposantes falaises me font de l’œil, sublimées par la valse des vautours. Bercée par mes élans lyriques, je réalise soudain que… c’est ça mon job.


Un équilibre qui me correspond


Bien sûr, tout n’est pas toujours aussi idyllique. Au final, je passe bien plus d’heures devant mon écran d’ordinateur à écrire des articles que sur le Tarn à faire des photos pour une marque de kayak. Mais c’est un équilibre qui me correspond totalement.


Étais-je destinée pour être journaliste outdoor ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Je le dois plus à un hasard, à une chance. Tout a commencé l’année dernière, lorsqu’un besoin d’écriture, un cri du cœur, s’est transformé en article - “Les grimpeurs français brisent le tabou des troubles du comportement alimentaire”. Ensuite, tout s’est enchaîné rapidement, presque de manière illusoire.


Aujourd’hui, j’écris des articles qui, pour la grande majorité, collent à 100% avec la personne que je suis. C’est varié, et ça me plaît. Tant au niveau sportif qu’au niveau écologique et même littéraire. Si bien que je me demande souvent : “Comment est-ce possible que mon ADN corresponde aussi bien avec celui d’Outside ?”


Pour être sincère, je ne me considère pas vraiment comme “journaliste”. Parce que je n’en ai pas le diplôme mais surtout parce que c’est une profession que j’ai tellement idéalisée… Alors pourquoi, moi, Coralie, j’en serai capable ?


Comment concilier mes deux passions ?


“Fais ce qui te fait vibrer” me suis-je toujours dit. Plus facile à dire qu’à faire, on est d’accord. Pendant longtemps, j’ai eu peur de m’enfermer dans un job qui ne faisait pas rêver, de ne pas avoir le temps de grimper. Mais je ne pourrais vivre de l’escalade, à long terme, ça m’ennuierait - cette passion dévorante est d’ailleurs arrivée en second plan dans ma vie. J’en porte une autre, plus intime, depuis l’enfance. L’écriture.


Actuellement, j’ai l’impression de répondre à mes grands questionnements d’antan, à savoir : “Comment concilier le sport et les mots, mes deux passions ?”. Et depuis, je crois que j’ai trouvé un équilibre personnel - n’est-ce pas le plus important ?

À l’aube, je pars m’entraîner, grimper à La Capelle ou faire des tractions dans un parc à Uzès. Avant de travailler. Et souvent, en fin de journée, j’enfile mes baskets pour une heure de course à pied sur les sentiers aux alentours de chez moi. Bien sûr, ce n’est jamais tout rose. Comme tout le monde, il m’arrive d’être fatiguée, de tout remettre en question. Mais ça vaut le coup - et puis, je trouve que je mets davantage d’intensité dans mes séances car le temps est compté ! Bon, c’est aussi plus complexe à mettre en place l’hiver (heureusement que la frontale existe…).


Peut-être que ça ne durera pas toute ma vie, j’en ai bien conscience. Mais de cette sacrée expérience, je n’ai envie de garder que des bons moments, des rencontres, des découvertes, des apprentissages fondateurs qui m’aident au quotidien à oser lever la tête plus haut, à rêver un peu plus grand.


Vous avez une profession outdoor et souhaitez nous en parler ? N’hésitez pas nous écrire, par mail, à grimpeuses@gmail.com. On sera ravies d’en discuter avec vous !


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