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Portrait - Coralie Havas, coach à Grimpeuses

Coralie, peux-tu rapidement te présenter ? D’où viens-tu ? Comment as-tu commencé l’escalade ?

Coralie Havas

J’ai grandi dans le Sud de la France dans un petit village à 10 minutes en voiture de la Capelle. J’ai commencé l’escalade un peu par hasard à 9 ans. Je n’étais pas sportive mais après un reportage, j’ai eu envie d’essayer. J’ai appris à grimper à falaise. Pendant de longues années, j’y allais tous les samedis et rien de plus. Et puis, vers mes 16 ans, ce besoin de grimper est apparu : j’avais besoin de plus. J’ai décidé de m’investir plus, de mettre un pied dans le monde de la compétition (qui m’était totalement inconnu jusqu’alors) tout en allant toujours toucher du caillou le week-end.


Qu’est-ce que l’escalade t’a appris ?


Lorsque l’escalade est entrée dans ma vie, j’étais bien loin d’imaginer tous les changements que cela allait provoquer. Cela m’a appris la tolérance et l’ouverture d’esprit de façon générale. Mais plus spécifiquement, j’ai énormément progressé physiquement et techniquement mais cela n’est que secondaire en réalité. L’escalade m’a apporté beaucoup de choses mentalement : la confiance en soi, la détermination et la persévérance. Ces aspects-là, on peut les transférer à notre vie. Pour moi l’escalade m’a apporté un réel développement personnel.


Tu as été coach à Grimpeuses. Qu’as-tu pensé de cette expérience ? Qu’est-ce que cela t’a apporté ?


Lorsque Caroline m’a proposé d’être coach pour l’événement Grimpeuses, au départ je ne me suis pas sentie très légitime. Qu’est-ce que je pouvais bien apporter de plus ? Les autres coaches avaient toutes une renommée dans l’escalade et avait fait des performances bien au-dessus des miennes (que ce soit en compétition ou en falaise).

Finalement, lors de la première édition, je me suis rendue compte que moi aussi, j’avais ma pierre à apporter à l’édifice : j’étais capable de coacher les filles, d’échanger sur ma propre expérience. Ce fut une très belle expérience pour moi : après chacune des deux éditions, j’en suis ressortie remplie de motivation et de confiance en moi.


Penses-tu que l’on puisse parler d’une communauté de l’escalade ? D’après toi, peut-on dire qu’il existe une personnalité du “grimpeur” ?


Dire qu’il existe une personnalité du « grimpeur » est un peu réducteur selon moi : cela consiste à mettre un peu les gens dans des cases. Et je n’aime pas vraiment cela. Pour moi, ce qui fait la beauté de l’escalade, c’est le fait que des gens d’horizons totalement différents se réunissent autour d’une même passion, d’un même sport. Pour moi, l’escalade c’est le moyen de briser les barrières que la société tente de nous mettre dans le crâne. Peu importe les classes sociales, la nationalité, l’âge ou autre, tout le monde grimpe ensemble, partage la falaise, échange ses méthodes. Peut-être que c’est cela la communauté de l’escalade, cet échange de valeur : l’ouverture d’esprit, le respect de l’environnement et le partage.

En quoi l’escalade a changé ta vie ? En d’autres termes, qu’aurait été ta vie sans l’escalade ? Et où l’escalade t’a menée ? (Vie professionnelle, personnelle, perception des choses, etc.)


Je n’ose même pas imaginer ma vie sans l’escalade. La grimpe m’a tant appris sur moi-même, m’a aidé à grandir tout simplement. Ce fut un peu cette base qui m’a guidé durant mes questionnements d’adolescente : peu importe ce qu’il pouvait arriver dans ma vie, je savais que j’avais l’escalade qui me servait de point de repère, que le week-end j’allais retourner en falaise avec mes amis. Désormais, je vois la grimpe comme un moyen d’expression et de relâchement : après des grosses journées, j’aime aller m’entraîner et c’est avec la même joie d’enfant que je retrouve la falaise le week-end. De plus, la pratique de l’escalade m’a transmis des valeurs d’intérêt pour l’environnement (sa beauté mais aussi sa protection).


Coralie Havas - © Sheila Farell McCarron

Malgré tout, la plus belle chose que l’escalade m’a donné, ce sont les rencontres. Des personnes avec lesquelles je partagerai encore de beaux instants et d’autres qui ont croisé le chemin de mon existence durant quelques bien trop courtes années. Je pense notamment à mes amis lorsque j’avais 15 ans : même si je suis la seule à continuer de grimper, nous avons vécu de beaux instants d’émulation lors de longues séances de bloc à la Capelle ou encore en salle avec Igor, le moniteur qui a accompagné mes débuts.

Mais aussi il est important pour moi de le souligner que l’escalade m’a permis de faire une rencontre qui a changé ma vie : Caroline. Elle m’a apporté bien plus que des conseils en escalade mais surtout m’a permis d’évoluer personnellement. Elle m’a offert des expériences et beaucoup de confiance.


Quel est ton spot de grimpe favori ?


Sans aucune hésitation : Mouriès. J’aime le style de grimpe qui est assez propre à l’endroit je trouve. Cela demande de la patience, de la réflexion et… de la tenue d’arquées (ça, j’adore !) Vu que c’est très vertical, les pieds sont cachés par notre corps et l’on doit décoller le bassin de la paroi pour prendre un peu de recul pour mieux avancer.

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                                                © Grimpeuses 2020, un évènement du Women's Climbing Symposium

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