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Portrait - Caroline Ciavaldini : « ma troisième vie de grimpeuse »


La plupart des grimpeuses te connaissent déjà mais peux-tu te présenter rapidement ?


Je suis Caroline Ciavaldini, grimpeuse professionnelle, j’ai 35 ans, et un bébé de presque 2 ans. J’ai eu une « première vie » de grimpeuse de compétition jusqu’à 25 ans, enchainant les coupes du monde d’années en années. Puis je suis devenue grimpeuse professionnelle, concentrée sur les voyages d’aventure et le trad, et maintenant, je suis toujours une grimpeuse professionnelle qui adore l’aventure, tout en étant maman. Mais j’appelle ça « ma troisième vie de grimpeuse ».


Peux-tu nous expliquer comment t’est venue l’idée et l’envie de créer l’événement Grimpeuses ?


Comme presque toutes les nanas que je connais, je n’ai jamais eu la sensation d’être handicapée par mon genre. Grimpeuse ou grimpeur, il me semblait que ça ne faisait pas tant de différences… Parce que comme tout le monde, je ne voyais pas mes propres mécanismes ! J’avais beau être compétitrice, et donc une « battante », je ne choisissais presque jamais la falaise le week-end, je ne me mettais pas de gros projets. Suivre, ça m’allait bien, c’était pratique. J’ai été invitée à un événement Women’s Climbing Symposium en Angleterre, et au milieu de 400 nanas, j’ai commencé à réaliser que moi aussi, je m’abritais derrière l’ombre de mon copain pour certains détails… Nous avons 2000 ans de civilisation patriarcale, il est en fait évident que la seule façon de faire évoluer nos mentalités, c’est de commencer par comprendre nos schémas de fonctionnement, et d’en parler ensemble. Voilà d’où vient Grimpeuses !


Pourquoi avoir choisi les blocs de la Capelle pour organiser Grimpeuses ?


Ah ça, il suffit d’y aller pour comprendre. J’adore ce petit coin de forêt. Les blocs sont beaux mais hauts, il y a une véritable dimension peur, c’est très intéressant pour Grimpeuses. C’est petit, familial, et dans le Sud !


En quoi l’escalade a changé ta vie ? En d’autres termes, qu’aurait été ta vie sans l’escalade ?


J’imagine que j’aurais été ingénieure. Je ne suis pas sûre que j’aurais créé une connexion avec la nature aussi forte… Je pense que je n’aurais pas pu être aussi heureuse sans l’escalade.


Tu fais partie des athlètes qui se sont engagés dans le projet ACTS. Peux-tu expliquer en quoi cela consiste et quelles ont été tes motivations pour rejoindre cette initiative ?


Action collective de transition pour nos sommets (ACTS) c’est un collectif créé par Arnaud Petit, pour encourager athlètes et marques d’outdoor à réduire leur empreinte carbone et à se battre publiquement sur le sujet. James et moi avons signé parce que depuis des années déjà, nous évoluons dans cette direction. Signer ACTS ne change pas grand chose à nos comportements, c’est juste souligner les trajectoires que nous choisissons. Je suis prof de bio de formation, alors le réchauffement climatique, je ne peux pas l’ignorer. Avoir un enfant nous a projeté dans cette réalité, et l’une de nos questions centrales aujourd’hui, c’est : « quelle sera sa vie, à notre bébé ? ».


© Raph Fourau - Une Jolie Fleur dans une peau de vache, 8b max, Verdon

Même si la situation sanitaire actuelle complique un peu les choses, quels sont tes projets futurs ?


Relancer Grimpeuses pour 2021, écrire notre prochain livre : « Odyssée verticale », et monter des projets « aventure près de chez soi »…

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